in-times / Projet photographique de Julie Coustarot et Emma Barthère
Par qui dort le vendredi 21 septembre 2007, 11:23 - Expositions été 2007 - Lien permanent
Au-delà du médium photographique, la question de l'intime semblait être un
champ commun à Emma Barthère et Julie Coustarot, c'est pourquoi elles ont
décidé de présenter leurs images respectives côte à côte, de les combiner dans
un espace commun. Cette expérience fut inaugurée durant l'été 2007, à la
Galerie municipale Révol, à Oloron (64).
in-times est une exposition mutuelle et évolutive dans le temps, car elle témoigne de recherches en cours, est augmentée en continu par de nouvelles images. Toutefois, la proposition de chacune des artistes s'envisage également de façon autonome.
Ces deux
jeunes photographes nous proposent leur regard respectif sur la sphère de
l'intime. Des intimes. Ces moments souvent invisibles, dans lesquels se glisse
le quotidien, dissimulés derrière les murs, les façades d'un chez soi. En toute
pudeur, elles photographient des gens, aussi bien leurs proches que des
inconnus, qui pris au jeu acceptent de dévoiler furtivement leur intérieur à la
fois ordinaire et profondément intime.
in-times, car il
s'agit également de nous inviter à penser le temps de l'anodin de ces femmes et
hommes, jeunes ou vieux, de ces fumeuses ou couples saisis, marqués d'histoires
à inventer, à deviner, et qui pour l'instant s'expose en une image.
La photographie a toujours interrogé le réel, la réalité, dans toutes leurs
déclinaisons, du ce que nous voyons, ce qui nous est montré et ce qui nous
regarde. Ce parcours nous amène à la vaste question du reflet. Du miroir. Du
dedans, du dehors. Perception, déformation et forme de soi – du photographe, du
photographié, voire du regardeur – à travers le regard de l'autre, quel qu'il
soit.
Reflets et visions de l'intime, de ce qui est en dedans, au fond, suggérant un
moment, une chose ou une personne tenu cachée.
« Journaux intimes », écrits autobiographiques qui ne sont pas
destinés à la publication.
La « sphère de l'intime », comme pour imager un espace protégé, voire
clos.
Une « atmosphère intime », comme un sentiment, une impression
aérienne.
L'intime paraît terriblement ordinaire, il s'avère être le lot de chacun,
certains en manquent, d'autres le rejettent ou l'occultent, mais il demeure
généralement très mal aisé à partager. Il témoigne de notre rapport au corps, à
l'espace, à l'autre, celui qui est là, celui qui part, qui passe ou, celui
qu'on a choisi, ou pas, de laisser à la porte.
Il
s'agit, à travers in-times, d'une invitation au coeur d'un
espace et d'un moment où des réalités croisées apparaissent, des intimes
dévoilés qu'entremêle Emma Barthère, le temps d'une image, quand celles de
Julie Coustarot semblent saisir l'instant d'une « absence »
intérieure et floutée, un décrochage du réel, qui tend à inspirer des songes –
les siens, ceux de la figure photographiée, les nôtres.
Isabelle Lassignardie
Commentaires
rien a dire toujours le meilleur du web!
et qui n aime pas vivre avec!!!!