Exposition de Matthew Tyas alias Bobby Ritt sur Second Life
Par Isabelle Lassignardie le mercredi 7 février 2007, 18:48 - Centre d'art Second Life - Lien permanent


Matthew Tyas nous propose
une première exposition de ces photographies dans le complexe Ebeo, créé par
David Castéra, sur
Second Life.
Le parcours artistique de Matthew Tyas, alias Bobby Ritt, est densement flou, arborescent, prolifique voire bordélique, car son jeu préféré est d'expérimenter et de développer tout ce qui touche ses sens – sons, images, vidéos, medley de l'un et l'autre, mots, décalages, humours et jolies filles.
Au lendemain de la mort d'Elvis, naît Matthew, avec l'intime conviction que la vie n'est que vagues histoires de réincarnation. Enfant, un peu autiste car de langue anglaise en terre béarnaise, il s'est agrippé à un piano et ne l'a jamais lâché.
Cette première approche physique et sensorielle présageait déjà ce qui sera sa vie : je goûte, je teste, je cherche, j'apprivoise, et tout ça au feeling, c'est pour cette raison qu'il décida d'apprendre, juste pour voir, le solfège à ces dix-huit ans quant il devint professeur de piano. Un être à l'envers. Jusque là, et encore aujourd'hui, pour lui en musique tout passe par l'oreille. Il ne cesse de composer, s'amusant, tantôt crooner pianistique, tantôt danseuse, tantôt compositeur d'orchestrations électros pour musique de films, parfois sans films. Quand du son provient l'image, l'espace, une atmosphère.
Dès le milieu des années 1990, après les expérimentations sur minitel, Matthew plongea à corps perdu dans le web, et consacra ce lieu à ces productions musicales, proposant aux auditeurs des centaines de morceaux en accès libre et gratuit, d'abord sur la plateforme mp3.com puis à travers des forums et des sites personnels. Du web il retient le travail collaboratif à distance, composant avec des musiciens géographiquement éparpillés ou pour des web-vidéastes. Ce garçon est doté également d'une paire d'organes visuels, qu'il aime stimuler, défragmenter. Quelques essais picturaux et collés, puis la photo et la vidéo l'ont amusé et l'amusent toujours, testant des effets visuels de biais, jouant essentiellement de captages lumineux, de transparences et de superpositions en tout genre. Un de ses projets mêlant web, musique, photo et vidéo, s'intitule ''Détails uniques''. Une divagation en zone urbaine – Pau, Toulouse – selon un parcours choisi. Tous les cinquante ou cent mètres, Matthew prend en photo ce genre de détails presque invisibles et pourtant omniprésents : une poignée de porte, le coin d'une bouche d'égoût ou de tuyauterie. Puis, après tirage en petit format, les images sont replacées physiquement dans le contexte initial de l'objet photographié, cet « accrochage » étant lui-même filmé, puis accéléré et mis en musique, et enfin, disponible sur le web, avec localisation sur google maps. Waoouh. Tout se tisse, se recoupe, s'entremêle, ici, là-bas ou sur le web.
Les quelques oeuvres qui nous sont montrées sur Second Life témoignent de son goût pour les lignes, les perspectives, les réflections, les déconstructions des mouvements, les saturations visuelles, plongeant le regardeur dans une sorte de chaos, incitant au vertige irréel, et parfois surréaliste. Comme un flou atmosphérique. Nous y rencontrons plusieurs séries : captages de mouvements de lumières, juxtapositions architecturales, multiplication d'images médiatiques, fragmentation de visuels animés, l'image du temps qui passe dans l'espace.
Lignes et plans urbains.



Voler des images à la ville, aux rues, aux immeubles, aux silhouettes qui meublent et s'agitent dans l'espace. Superposer des atmosphères d'extérieurs, les faire se mêler, malgré la masse des murs, les frontières de quartiers. Donner à voir une ville futuriste bricolée à partir des saturations humaines et matérielles déjà existantes, déjà dans l'air.
Vibrations lumineuses.



Capter des points de lumière, les agiter à travers un long temps de pause, processus du fixe au mouvement, vers le mouvement fixé, à la fois fluide et décomposé. Animer l'espace à travers le temps écoulé. Persistance rétinienne, ce qui reste dans l'entre-deux, mon oeil et l'objet lumineux. La graphie invisible.
Echos à voir.

Hommage au film presque culte, Buchy de Monsieur Poulpe, nous contant l'histoire d'un Lucien exclu de la communauté, qui a le nez qui sent mauvais et qui sauve la métaphore déguisée de dieu de l'attentat d'un jeune réalisateur qui craint de finir ses jours à faire des documentaires sur la troisième chaîne. Ce film pour de rire. Images initiales bricolées par un amateur décalé. S'amuser à extraire Buchy en action, à saisir des images tourbillonantes qui s'étalent une à une à la surface. Montrer un peu de l'espace dans le temps du mouvement, dans le temps du grotesque.
Commentaires
superbe l' image avec la mamie de dos ds la rue! bravo mon ptit!